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Besoins spécifiques & AESH

AESH, késaco ? Comprendre l'accompagnement du handicap

AESH ? Késaco ? Tout simplement, ce sont les anciens AVS. Le point sur l'accompagnement des élèves en situation de handicap, en France et à l'étranger.

Constantin Mardoukhaev
AESH, késaco ? Comprendre l'accompagnement du handicap

AESH ? Késaco ? Eh bien, tout simplement, ce sont les anciens AVS.

Ah, vous ne savez pas non plus ce que sont, ou plutôt ce qu’étaient, les AVS ? Pas de panique : cet article a pour objectif de faire un petit état des lieux et de vous briefer sur le sujet. On le sait bien, la France adore les sigles, alors voyons de plus près de quoi il en retourne.

Quelques considérations générales

Tout d’abord, AESH signifie Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap. Ce sont des personnels de l’Éducation nationale dont la mission est « de favoriser l’autonomie de l’élève en situation de handicap » (je reprends ici les mots du ministère).

Pour faire simple, ce sont des personnes qui accompagnent l’élève en situation de handicap : elles vont avec lui ou elle en cours, l’aident à prendre des notes, à comprendre le cours, à suivre les règles de la vie en classe, parfois à faire ses devoirs, mais toujours avec comme point de mire l’apprentissage de l’autonomie qui manque à l’enfant par rapport aux autres. Il ne s’agit absolument pas de faire les devoirs à sa place, mais d’assister l’élève dans sa scolarité. D’ailleurs, AVS signifie Assistant de Vie Scolaire. C’est parfaitement clair.

Cette démarche s’inscrit dans un souci d’égalité et d’inclusion. La France apporte un soin particulier à réduire les inégalités qui pourraient empêcher les enfants de bénéficier de leur droit à l’éducation. Ce n’est pas pour rien que la loi 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances (oui, elle porte bien son nom) affirme que « toute personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus de tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté ». Cette loi était la première, dans le domaine éducatif, à proposer une définition du handicap inspirée de la classification internationale, et à distinguer handicap moteur, sensoriel, cognitif et psychique, sans oublier les personnes à mobilité réduite.

De même, l’idée d’une école inclusive s’affirme de plus en plus. Dans le contexte de la démarche « Ensemble pour une école inclusive », deux créations importantes sont à connaître :

  • les ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire), qui présentent des aménagements pédagogiques adaptés ;
  • les PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé), qui favorisent la coordination des ressources.

Pour revenir aux AESH, sans entrer dans les détails d’une terminologie parfois compliquée, il existe plusieurs cas de figure :

  • AESH-i (i pour individuelle) : une aide individuelle apportée en continu à un élève ;
  • AESH-m (m pour mutualisée) : une aide apportée à plusieurs élèves qui n’ont pas besoin d’une attention constante ;
  • AESH-co (co pour collectif) : l’aide s’inscrit dans le contexte d’une ULIS.

Le projet personnalisé de scolarisation, mis en place par l’établissement pour chaque enfant en situation de handicap, permet de faire le point sur ses besoins et donne lieu à l’aménagement qui l’aidera à mieux vivre sa scolarité.

Quelles sont les missions d’un AESH ?

Les missions d’un AESH s’organisent autour de trois grands axes.

Accompagner l’élève dans les actes de la vie quotidienne :

  • l’accompagner dans la classe et en dehors des temps d’enseignement (pause méridienne, repas, etc.) ;
  • l’aider aux actes essentiels de la vie (habillage, aide à la prise de repas, toilette, etc.), en concertation avec la famille et l’enseignant ;
  • favoriser sa mobilité et ses déplacements dans l’enceinte de l’école.

Accompagner l’élève dans l’accès aux apprentissages :

  • apporter une aide aux tâches scolaires lorsque l’élève rencontre des difficultés pour les réaliser ;
  • effectuer des interventions auprès de l’enfant, dans la classe, définies en concertation avec l’enseignant ;
  • aider à la préparation et à l’installation du matériel scolaire et éducatif.

Accompagner l’élève dans les activités de la vie sociale et relationnelle :

  • favoriser sa participation aux activités prévues ;
  • favoriser la communication et les interactions entre l’élève et son environnement ;
  • lui permettre de participer aux sorties de classe, occasionnelles ou régulières.

« Le droit à l’éducation pour tous les enfants, qu’ils soient ou non en situation de handicap, est un droit fondamental. » (Circulaire n° 2016-117 du 8 août 2016)

AVS ou AESH : quelle différence ?

Il n’y en a pas, ou presque. L’AVS était recruté par Pôle Emploi avec un CUI (contrat unique d’insertion). L’AESH, en revanche, est recruté par l’Éducation nationale avec un CDD de trois ans, renouvelable une fois et pouvant déboucher sur un CDI. C’est justement pour contrer la précarité du statut d’AVS que l’AESH a été créé. La mission, elle, est la même. Les AVS ayant un certain degré d’expérience peuvent d’ailleurs accéder au statut d’AESH.

Le statut d’AESH donne accès à une formation de 60 heures et au PAF (Plan Académique de Formation). Cette formation est souvent jugée insuffisante et trop théorique, l’accompagnement d’un handicap pouvant être radicalement différent selon les cas. Il existe aussi un diplôme de niveau CAP, le DEAES, mais on peut parfaitement devenir AESH sans le passer.

Concrètement, où faire la demande en tant que parent ? Il faut monter un dossier, assez laborieux, à déposer à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), qui débloquera l’aide humaine, matérielle, logistique et financière nécessaire.

Quid des enfants scolarisés à l’étranger ?

Si vous nous lisez, c’est sans doute parce que votre enfant est scolarisé dans un établissement français à l’étranger.

Mauvaise nouvelle : a priori, toutes les belles choses expliquées plus haut… n’existent pas. Pas d’ULIS, par exemple, et la mise en place depuis la France de structures aménagées est compliquée, voire très compliquée. Voilà, tout simplement.

En France aussi, d’ailleurs, le fossé entre la théorie des textes et la réalité du terrain est énorme, à tel point que dans le Rhône, quinze maires de communes ont décidé de recruter, financer et former eux-mêmes les AESH nécessaires pour leurs écoles. Alors, imaginez à l’étranger…

Mais la bonne nouvelle (vous aviez noté mon « a priori », n’est-ce pas ?), c’est que les choses avancent, en partie grâce au combat des élus des Français à l’étranger. Peu à peu, la prise en compte des parcours des élèves en situation de handicap s’impose aussi dans les établissements français à l’étranger.

Recruter soi-même un AESH lorsqu’on vit à l’étranger peut s’avérer une stratégie judicieuse. Dans les faits, elle est couramment pratiquée, et on peut même obtenir une aide financière de la part de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger). Depuis la circulaire du 13 août 2021, qui répond à une demande de Samantha Cazebonne (élue députée des Français de l’étranger de 2017 à 2021), cette aide n’est plus conditionnée aux revenus des parents : tous les parents qui ont besoin d’un AESH en bénéficient, que leurs enfants soient boursiers ou non. L’attribution se fait par l’établissement, l’AEFE ne pouvant verser de subventions qu’aux établissements, qui reversent ensuite l’aide aux parents. Officiellement, le système des AESH a été généralisé aux établissements étrangers à la rentrée 2022, mais la mise en place est longue. Très longue.

En attendant, si vous êtes concerné·e par la nécessité d’obtenir un AESH pour votre enfant, n’hésitez pas à vous rapprocher de vos élus porte-parole, du service social du poste consulaire de votre pays de résidence, ainsi que de l’établissement que fréquente votre enfant, qui pourra initier la démarche administrative adéquate.

La reconnaissance de l’inclusion à l’école, toutes les écoles, est un combat collectif. Il est loin d’être gagné, mais on y travaille…

Le replay de notre webinaire sur les AESH

Une petite pierre à l’édifice : Axiom Academic a organisé un webinaire sur les AESH et leur formation avec Mercedes Gabriela Herrera, spécialiste de l’inclusion scolaire et coordinatrice du programme d’inclusion d’une école internationale partenaire de l’AEFE.

Voir le replay du webinaire

Pour aller plus loin :